The Quiet man / Paris

09.11.2017 - 06.01.2018 Vernissage 09.11.2017



Dossier de presse : pdf press release
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NICOLAS BOULARD


The Quiet Man
9.11.2017-6.01.2018


À première vue, les œuvres de Nicolas Boulard s’inscrivent dans un héritage spécifique, celui de l’art minimal et de l’art conceptuel. Les formes sont géométriques, des cercles, des sphères, des polyèdres. L’artiste accorde une importance au vide, à l’espace, au temps et à la géométrie. Pourtant, en s’approchant de plus près, le regardeur perçoit d’autres informations, qui elles, sont issues du Vivant, du monde sensible. De la terre, du fromage, de l’eau, du vin sont combinés aux formes strictement géométriques. Nicolas Boulard procède à des prélèvements dans différents paysages pour opérer à des rencontres improbables. L’ensemble de sa démarche fonctionne ainsi, par la rencontre, l’assemblage des antipodes. Les œuvres traduisent alors une synthèse, une collision entre l’art minimal, l’art conceptuel, l’appropriationnisme, le land art, Dada, Fluxus et le surréalisme. De Donald Judd à Hamish Fulton, en passant par Jean Arp, Richard Long, Dan Flavin, Constantin Brancusi ou encore Joseph Kosuth, il s’empare des formes et des protocoles pour leur donner de nouvelles traductions.


La mobilité donne lieu à une relation entre son corps, le lieu dans lequel il s’inscrit et le processus plastique qui va rendre compte d’une expérience singulière. La méthode rencontre le sensible. Nicolas Boulard procède à des prélèvements d’eau pour donner la mesure de ses excursions, de ses dérives. Il rapporte à l’atelier un échantillon d’eau extraite du lac Léman. L’eau est présentée, telle quelle, entre deux plaques de verre encadrées. Au fil du temps et des conditions climatiques, elle évolue, des micro-organismes se développent, de la buée apparaît, un écosystème s’installe. À peine perceptible, elle forme une ligne, un horizon symbolique. L’œuvre constitue la première étape d’une série, où l’artiste s’emploie à récolter l’eau de paysages photographiés par Hiroshi Sugimoto. Nicolas Boulard part lui-même à la rencontre des paysages ou bien met en place des réseaux de coopération pour que les échantillons d’eaux lui parviennent. Les images originelles sont réduites à l’essentiel. L’eau devient un espace de projection. Il en est de même avec les œuvres formées de terre. Au mur, le diptyque intitulé Antipodes confronte deux cercles de bois recouverts de terre, l’une ocre, l’autre plus rousse. En étudiant la carte du monde, Nicolas Boulard établit des zones antipodiques. Il décide alors de travailler à partir d’une terre située dans la région de Cadix en Espagne, tandis que l’autre provient du Mont Roskill à Auckland en Nouvelle-Zélande. Les deux cercles contiennent non seulement la rencontre inattendue entre ces deux zones, mais aussi leurs géographies, leurs cultures, leurs paysages, leurs histoires. En ce sens, il applique la psychogéographie telle qu’elle est définie par Guy Debord : « On mesure les distances qui séparent effectivement deux régions d’une ville, et qui sont sans commune mesure avec ce qu’une vision approximative d’un plan pouvait faire croire. » [1]


Fils de viticulteurs, Nicolas Boulard est attaché au Vivant, aux paysages, aux gestes et aux sens. À travers ses œuvres il assemble des territoires pensés comme contradictoires, à commencer par l’exposition même, puisqu’elle porte le nom du pub voisin de la galerie Eva Meyer, The Quiet Man. Guy Debord et Robert Filliou l’accompagnent.



[1] Debord, Guy-Ernest. « La théorie de la dérive », in Les Lèvres nues n°9, décembre 1956.


//ENG//

At first glance, Nicolas Boulard’s works seem part of a specific heritage, that of minimal art and conceptual art. The forms are geometric, circles, spheres, polyhedrons. The artist gives great importance to the void, to space, to time and geometry. However, in going closer to the works, the viewer perceives other information that comes from the living, the sentient world. Soil, cheese, water, wine are combined with strictly geometric forms. Nicolas Boulard takes samples from different landscapes to create improbable encounters. His entire approach functions in this way, through the encounter, the assembly of antipodes. The works then express a synthesis, a collision between minimal art, conceptual art, appropriationism, land art, dada, fluxism and surrealism. From Donald Judd to Hamish Fulton, by way of  Jean Arp, Richard Long, Dan Flavin, Constantin Brancusi and Joseph Kosuth, he takes hold of forms and protocols to give them new translations.


Mobility gives rise to a relationship between his body, the place in which he finds himself and the plastic process that will give an account of a singular experience. The method encounters the sentient. Nicolas Boulard takes samples of water to givee an idea of his excursions and his drifts. He brought a sample of water from Lake Geneva back to his studio. The water is presented, as is, between two framed glass plates. As time passes and the weather changes, it evolves, microorganisms develop, condensation appears, an ecosystem is installed. Barely perceptible, the water forms a line, a symbolic horizon. The work constituted the first step of a series in which the artist applied himself to collecting water from the landscapes photographed by Hiroshi Sugimoto. Nicolas Boulard himself visits landscapes or sets up a cooperation network so that the water samples are sent to him. The original images are reduced to the essential. Water becomes a projection space. The same is true of the work formed by soil. On the wall, the diptych called Antipodes brings together two wood circles covered by soil, one ocher, the other a more reddish hue. By studying a map of the world, Nicolas Boulard established diametrically opposed zones. He then decided to work using soil found in the Cadix region in Spain, while the other sample came from Mount Roskill in Auckland, New Zealand. The two circles not only contain the unexpected encounter between these two zones, but also their geographies, their cultures, their landscapes and their histories. In this sense, he applies psycho-geography as Guy Debord defined it: “One measures the distances that effectively separate two areas of a city, and that have nothing in common with what an approximate vision of a plan could have one believe.”[1]

 

The son of wine-growers, Nicolas Boulard is attached to the living, to landscapes, gestures and the senses. Through his works, he assembles territories thought of as contradictory, starting with the exhibition itself, since it has the same name as the pub next door to the Eva Meyer gallery, The Quiet Man. Guy Debord and Robert Filliou accompany him.



[1]Debord, Guy-Ernest. “La théorie de la derive,” in Les Lèvres nues no. 9, December 1956.